« Le Havre », port attachant au MK2 Bastille 21/12/11

« Le Havre », port attachant au MK2 Bastille

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Blondin Miguel dans "Le Havre"

Recherché par la police française, un jeune clandestin a l'esprit tourné vers l'Angleterre. Photo : Pyramide Dstribution.

Une semaine avant sa sortie dans les salles obscures, Le Havre a remporté le prix Louis-Delluc qui récompense chaque année le meilleur film français. Une juste compensation pour certains critiques qui considéraient le film d’Ari Kaurismäki comme injustement oublié lors du dernier festival de Cannes. À partir du mercredi 21 décembre 2011, le grand public va pouvoir se faire sa propre opinion puisque le long métrage du réalisateur finlandais sort dans les salles françaises.

Comme son titre l’indique, Le Havre plonge le spectateur au cœur du port normand. Marcel Marx, ancien écrivain bohème, y est cireur de chaussures. Une manière comme une autre d’être proche du peuple. Ce goût pour l’humain va le pousser à venir au secours d’un jeune immigré africain poursuivi par la police.

Optimiste invétéré, il va le loger, le cacher et tout mettre en œuvre pour l’aider à rejoindre sa mère à Londres. De l’optimisme, il lui en faut, car au même moment, sa femme est hospitalisée et gravement malade. Mais chez lui, on croit en la beauté de la vie. Dans son sillage, il entraîne les commerçants et le voisinage dans son combat et son engagement. Face à la cruauté ordinaire s’oppose la solidarité clandestine.

Jean-Pierre Darroussin dans "Le Havre".

Tout de noir vêtu, Jean-Pierre Darrousin incarne un policier qui poursuit le jeune clandestin en fuite. Photo : Pyramide Distribution.

Une fable humaniste

Le Havre est donc un conte utopique et une fable humaniste. L’image, le jeu des acteurs, les couleurs mais aussi les objets qui apparaissent à l’écran rappellent le cinéma des années 50. Pourtant l’histoire est totalement ancrée dans le présent. Ari Kaurismäki dénonce l’indifférence quotidienne, critique le monde moderne qui oublie les valeurs et manque de considération pour le peuple. Il le fait avec peu de mots, simplement et calmement.

L’action est lente et prend tout son temps. Ce qui n’enlève rien au charme du film. Ses personnages attachants, son rêve constant et sa poésie aussi bien orale que visuelle égaient ce tableau international et sans frontières.

La beauté au milieu de cette noirceur séduit. Mais elle lasse dans le même temps. Si l’absurde est un choix assumé qui amuse, il peut aussi apparaître comme une naïveté agaçante. Le Havre est gentil et montre la générosité, parfois trop. Son message n’en est pas moins pertinent et joliment délivré.

Yann Riou

Le Havre, d’Aki Kaurismäki (1h33). Sorti le 21 décembre 2011.
Avec André Wilms, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin.

Au MK2 Bastille – 4, boulevard Beaumarchais, 75011 Paris

Tous les jours à 13h30, 15h40, 17h45, 20h05.
Séance supplémentaire à 11h20 tous les jours sauf dimanche.
Séance supplémentaire à 22h15 tous les jours sauf samedi.

4, boulvard Beaumarchais, 75011 Paris, France

MK2 Bastille – 4, boulevard Beaumarchais, 75011 Paris